L’énergie nucléaire semble avoir remporté un point avec le récent sondage Soir-RTBF qui lui attribuait la confiance de 60 % de Bruxellois et des Wallons. Le monde politique et certains ONG ne sont pas cet avis. Pour eux, l’avenir ne doit pas se construire avec le nucléaire et s’engager avec confiance sur le chemin de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables.
Le nucléaire ne rentre plus dans leur plan pour diverses raisons, tout d’abord la construction de nouvelles centrales est hors de prix (on peut se tourner vers d’autres pays européens tels que la Grande-Bretagne, la France ou la Finlande, pour cerner le fiasco économique du nucléaire. mais aussi pour le risque que cet énergie représente.
Ce risque étant également un grand débat :
En Belgique, l’humeur ne semble pas à la construction de nouvelles unités nucléaires. Mais la tentation d’un prolongement de la durée de vie des sept réacteurs existant est tenace. Mais est-il bon d’augmenter la durée de vie de nos centrales ?
Calculée à l’échelon planétaire, la durée de vie moyenne d’une centrale nucléaire tourne autour des 21 ans. Or, la loi belge porte la durée de vie des centrales d’Electrabel à 40 ans, en lieu et place des 30 années initialement prévues. Et ce, sans disposer de garanties quant à la résistance des matériaux.
On observe par ailleurs, dès aujourd’hui, une accumulation d’incidents qui pourraient influencer notre approvisionnement en électricité suite à des interruptions temporaires ou définitives de la production. Reporter la sortie du nucléaire, c’est-à-dire prolonger la durée de vie des centrales au-delà de 40 ans, c’est opérer un pari insensé sur l’avenir. D’autant plus insensé qu’il n’est pas sûr que cette énergie puisse garantir son propre approvisionnement en uranium tout au long de la durée de vie de centrales actuellement en construction. Ce combustible est en effet disponible en quantités finies.
Sachant ces éléments, il est illusoire d’espérer qu’un jour le nucléaire puisse être considéré comme un élément significatif dans la lutte contre les changements climatiques. Ce constat est d’ailleurs à l’image de la situation actuelle du nucléaire qui ne représente pas plus de 2,3 % de l’énergie produite dans le monde.

Ainsi, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives du sondage Soir-RTBF et de son approche sommaire du nucléaire, c’est de ne pas considérer cette énergie comme le frein majeur au développement des énergies de demain.
Kevin Vandeleene
